Imaginez-vous enfant à nouveau.
Qu’est-ce qui vous a inspiré vers la musique ?
Peut-être que vos parents étaient musiciens, et vous entendiez de la musique tout autour de vous?
Peut-être avez-vous assisté à un concert ou à un bal qui à allumé une flamme en vous?
Vous vouliez danser, exprimer ces sons délicieux et ces sensations avec les moyens à votre disposition...
Vous vous sentiez vivant, connecté au monde qui vous entourait!
La plupart d’entre nous avons, à un moment ou un autre, ressenti cet appel à la musique, cette envie « d’en faire partie »
Mais quelle que soit la réponse que nous y avons donnée :
Bien trop souvent, le vrai désir derrière ce besoin primal reste insatisfait.
Pourtant, le cri persiste :
C’est ce pouvoir inhérent de la musique que Friedrich Nietzsche, le grand philosophe du XIXe siècle, décrivait dans La Naissance de la Tragédie.
Selon lui, en créant, écoutant, ou dansant sur de la musique collective, nous transcendons notre individualité et participons à une expérience partagée, plus unifiée.
Et la recherche scientifique moderne le confirme :
La connexion sociale est:
En effet, non Seulement...
Notre cerveau est câblé pour se connecter et ces connexions influencent profondément la façon dont nous pensons, ressentons et agissons:
Selon Matthew Lieberman dans Social: Why Our Brains Are Wired to Connect:
Mais...
Notre Bien être en dépend:
Les découvertes de Lieberman rejoignent la célèbre théorie polyvagale de Stephen Porges, qui met en lumière le rôle du système nerveux dans la formation des liens sociaux et leur impact direct sur la santé physique et psychologique.
Et depuis la nuit des temps...
La musique collective joue un rôle clé dans ces liens sociaux et ce bien-être :
Dans The Prehistory of Music (2013), Iain Morley explore comment la musique a contribué à l’évolution humaine, à la cohésion sociale, et à la communication :
Mais alors...
Pourquoi avons-nous souvent du mal à nous sentir pleinement présents et connectés dans un espace musical collectif ?
Et plus important encore...
Comment pouvons-nous réactiver ce pouvoir guérisseur ancestral de la musique ?
Qu’est-ce qui nous manque ?
Ou plutôt...
Qu’est-ce qui se met en travers de notre chemin ?
Mon histoire personelle...
Cela a commencé dès l’adolescence, avec le son du blues et du gospel.
Le cri d’une guitare , la voix puissante et émotionnelle des chanteurs…
Dans ma chambre, les yeux fermés, je les imitais silencieusement pendant des heures, dans ma tête.
Logiquement, j’ai pris des cours de guitare, pas de chant, car j’avais déjà intégré la croyance que je ne savais pas chanter. À mes yeux, il existait trois catégories de musiciens :
« Je ne faisais assurément pas partie des deux dernières catégories... »
J’avais un bon professeur et j’ai progressé rapidement, jusqu’à pouvoir reproduire certains de mes morceaux de blues préférés sur un véritable instrument.
C’est en jouant avec d’autres que tout s’est écroulé…
La simple idée que les autres découvrent mes faiblesses me terrifiait :
Ces voix dans ma tête étaient si fortes et incessantes que jouer avec d’autres devenait plus stressant qu’amusant.
Alors, j’ai commencé à trouver des excuses :
Puis j'ai successivement:
Et vous comment s’est déroulée votre histoire ?
Florence
Danceuse
« Danser était une source de joie et de liberté. Mais avec le temps, quelque chose a changé. Pendant les répétitions, je me focalise sur chaque petite erreur, chaque imperfection. Je ne me souviens pas de la dernière fois où j’ai ressenti une joie pure et sans filtre en dansant, sans me soucier du regard des autres, sans peur d’échouer. Je suis trop préoccupée à vouloir bien faire. J’aimerais me sentir libre, vivre pleinement ces moments , cette connexion ouverte, sans peur, qui m’a attirée vers la danse au départ. »
Olivier
Masseur mélomane
« J’écoute de la musique en boucle ; je peux m’y perdre seul pendant des heures. Mais faire de la musique avec d'autres, là ça coince, je n'ai jamais osé faire le pas. Il y a cette p***** de voix qui me dit : “Tu n’y arriveras pas" "Tu ne sais même pas tenir le rythme.” C’est c** car je travaille dans le massage, un domaine où le rythme et le flow sont essentiels, et je parviens à établir de vrais connexions avec mes clients. Mais je bloque dès que je pense à intégrer un collectif. Comme si j'étais trop conscient de mes limites.. Chaque fois que je vois un groupe jouer ensemble, je ressens un mélange de regret et de désir »
Amandine
Thérapeute
J’ai rejoint une chorale parce que j’aime chanter. Mais même entourée d’autres voix, je me sens trop souvent comme une observatrice extérieur. Je me retiens, je ne me connecte pas pleinement ni aux gens ni à la musique. Il y à cette peur constante du jugement, je m’inquiète de ne pas être assez bonne, que les autres pensent que j’en fais trop, ou pire, qu’ils réalisent que je ne suis pas à ma place. Parfois, je me demande pourquoi je m'obstine alors que je pourrais simplement chanter chez moi. Mais au fond de moi, il y a ce désir profond de vivre pleinement la joie de chanter avec d’autres, ressentir cette unité que je sais possible. »
Sylvain
Musicien
« Jouer sur scène, c’est un combat. Je suis hyperconscient de chaque note, mes doigts se crispent, mon cœur s’emballe. Chaque performance je ressens ce besoin d’être parfait. La musique est là, les gens sont là, mais pas moi, pas totalement présent. La peur de l'erreur ça peut être assez isolant...»
Alors que se passe-t-il ?
Pourquoi tous ces obstacles sur notre route ?
Notre culture moderne récompense et valorise un cycle perpétuel de performance : faire toujours plus, toujours plus vite.
Malheureusement, cela affecte toutes les sphères de notre vie, y compris notre approche de la créativité, qu’il s’agisse de faire de la musique, de danser ou de chanter.
Si nous ne prenons pas conscience de ce modèle de vie, nous risquons de continuer à accélérer, à essayer plus fort, à chercher toujours plus de compétences techniques…
Cette pression extérieure alimente nos propres voix intérieures critiques, souvent inconscientes :
Ces pensées vous semblent familières ?
Vous vous souvenez d’une situation particulière reflétant ces croyances ?
Même lorsque nous sommes conscients de ces dynamiques internes et de ces voix intérieures, cela ne les empêche pas de s’activer.
En collectif , ces mécanismes peuvent devenir encore plus intenses car nous augmentons nos attentes envers nous-mêmes tout en nous sentant particulièrement exposés au jugement.
Même dans un environnement bienveillant, il y a toujours:
Cela vient alimenter nos voix intérieures déjà bien bruyantes !
Très vite, la frontière entre l’autocritique constructiveet l’auto jugement négatif se brouille.
Exaspérés, gênés ou même découragés, nous sommes emportés par des schémas de pensée nuisibles, conduisant à :
Et si...
Il existait une pratique musicale combinant :
Tout en répondant à notre désir profond...
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